Il reste moins de deux mois avant l’été. C’est le début de la « bataille » pour perdre du poids que nous livrons chaque année au retour des beaux jours. Mais attention : un problème important et fréquent accompagne certains aliments des régimes amaigrissants : l’apparition de la mauvaise haleine.
55 % des personnes ne perçoivent même pas qu’elles en souffrent. L’ail et l’oignon, souvent prescrits pour perdre du poids, en sont les exemples les plus courants. D’autres aliments peuvent aussi causer l’halitose : artichaut, chou, chou-fleur, chou kale, brocoli. Ces aliments sont très riches en soufre.
Pablo Zumaquero, diététicien-nutritionniste, explique : « Le plus important est de détecter la cause de l’halitose et de s’y attaquer. Ces produits font partie d’une alimentation saine. Il n’est pas recommandé de les supprimer. »
Les nutritionnistes sont catégoriques : les miracles de dernière minute n’existent pas. Manger moins n’est pas la solution. Il faut se rééduquer sur le plan nutritionnel. Un régime inadéquat comporte des risques pour la santé.
Peut-on éliminer les kilos en trop sans craindre pour notre haleine ? Le Dr Jonas Nunes, spécialiste de l’halitose, fournit sept clés :
La mauvaise haleine, un sujet qui reste tabou
Est-il possible de détecter la mauvaise haleine ? Beaucoup la perçoivent par eux-mêmes. Certains aliments provoquent un mauvais goût ou une sécheresse buccale qui peut conduire à l’halitose. Cependant, un pourcentage important de personnes n’en sont pas conscientes. Elles ne la considèrent pas comme un problème mais comme un commentaire offensant. « La société tend à blâmer et stigmatiser le patient atteint d’halitose. Il encaisse toutes les critiques », confirme Zumaquero.
Le Dr Jonas Nunes affirme : « 55 % des patients ne perçoivent pas leur mauvaise haleine. Les collègues, partenaires et amis le remarquent mais ne le disent pas. C’est un sujet tabou. » Il ajoute : « 16 % des patients que nous recevons viennent pour la mauvaise haleine associée aux régimes. »
CLÉ N°1 : MANGER TOUTES LES QUATRE HEURES
Le jeûne prolongé tend à provoquer l’halitose. Plus le jeûne est long, plus l’halitose est intense. L’hypoglycémie (baisse du sucre sanguin) force l’organisme à utiliser d’autres voies métaboliques. Il convertit les protéines et les graisses pour rétablir la glycémie. Ces processus génèrent des composés malodorants. Cette conversion aide à perdre du poids, mais l’hypoglycémie extrême n’apporte aucun bénéfice et déclenche la mauvaise haleine. L’absence prolongée de mastication réduit aussi la production salivaire. Cela entraîne stagnation et putréfaction.
Stratégie : Faire cinq petits repas par jour répartis sur la journée. Une poignée de fruits à coque suffit pour éviter l’hypoglycémie brutale et stimuler la salive.
CLÉ N°2 : ÉVITER UN RÉGIME HYPERPROTÉINÉ
Les régimes hyperprotéinés (Atkins, Dukan, South Beach) provoquent souvent la mauvaise haleine. L’ingestion élevée d’acides aminés en est la cause. Les bactéries utilisent ces molécules pour produire des composés malodorants. « En laboratoire, l’ajout de cystéine et tryptophane à la salive provoque immédiatement une mauvaise odeur », explique le Dr Nunes.
Stratégie : Éviter un régime basé uniquement sur des aliments riches en protéines et en soufre : viande, poisson, poivron rouge, ail, oignon, brocoli, choux de Bruxelles, avoine, graines de blé, produits laitiers et blanc d’œuf.
CLÉ N°3 : INGÉRER UN MINIMUM DE GLUCIDES OU DE SUBSTANCES ACIDES
Le glucose nourrit plusieurs bactéries buccales. Elles produisent alors un pH acide qui inhibe les bactéries responsables de l’halitose. Ces dernières agissent en pH alcalin. Sans glucose, certaines bactéries métabolisent les protéines. Les produits de cette dégradation sentent mauvais et créent un pH plus alcalin.
Stratégie : Privilégier les glucides à absorption lente : fraises, cerises, fruits rouges, légumes, riz complet. Ajouter quelques gouttes de citron aux repas. Cela évite aussi l’excès de calories.
CLÉ N°4 : CONSOMMER DES ALIMENTS SOLIDES RICHES EN FIBRES
Les aliments riches en fibres nécessitent plus de mastication. Ils favorisent la production salivaire, contrairement aux aliments liquides ou pâteux. Les aliments solides exercent aussi un effet nettoyant sur la langue. Ils éliminent les détritus et bactéries malodorantes. C’est la cause la plus fréquente d’halitose. Les études montrent une augmentation des composés soufrés volatils pendant le jeûne. Cette valeur chute rapidement après avoir mangé, même un simple morceau de pain.
Stratégie : Choisir légumes à feuilles (épinards, laitue), carottes, asperges, tomates, aubergines et fruits avec la peau. Nettoyer la langue trois fois par jour avec un gratte-langue est très efficace.
CLÉ N°5 : S’HYDRATER CONTINUELLEMENT ET STIMULER LA SALIVATION
La déshydratation diminue la production de salive. Les résidus alimentaires stagnent dans la bouche. Les bactéries les dégradent. La salive moins épaisse favorise aussi la volatilisation des composés odorants.
Stratégie : Boire de l’eau (essentielle) et des liquides légèrement acides comme des thés au citron froids sans sucre. Les pilules de prune umeboshi japonaise stimulent mieux la salive que le chewing-gum. Elles sont discrètes et plus efficaces.
CLÉ N°6 : ÉVITER LES BOISSONS ALCOOLISÉES
L’alcool nuit à la perte de poids et provoque la mauvaise haleine. L’oxydation de l’éthanol commence dans la bouche puis continue dans le foie pendant plusieurs heures. Elle produit des composés malodorants comme l’acétaldéhyde. L’alcool déshydrate aussi, ce qui volatilise les composés odorants salivaires.
Stratégie : Ne pas consommer d’alcool. Si vous en buvez, mangez quelque chose de solide juste après pour stimuler la salive.
CLÉ N°7 : ÉVITER LES REPAS À ODEUR INTENSE
Après ingestion, les aliments subissent des transformations pour être absorbés. Les nutriments passent dans le sang via l’intestin grêle et atteignent le foie. Celui-ci neutralise certains composés malodorants. Les composés odorants sanguins sont excrétés par les poumons avec le CO2.
La mauvaise odeur dépend du type d’aliment, de la quantité, de la préparation et de la susceptibilité individuelle. L’ail cru affecte plus l’haleine que l’ail cuit. L’odeur de l’haleine peut différer de celle de l’aliment ingéré.
Stratégie : Éviter les aliments à odeur intense : ail, oignon, lait, fromage, œufs, épices, aliments épicés, anchois, charcuteries. Le café fréquent cause l’halitose car il déshydrate la salive.
Des aliments neutralisent les odeurs. Les champignons (de Paris, Portobello) et le thé Oolong captent scientifiquement les odeurs. Les produits mentholés ne font que masquer l’odeur temporairement.


